Le réfectoire. Un endroit où tout le monde a passé du temps durant sa vie. Il paraît si courant que l’on n’y prête plus attention. Son brouhaha ambiant et agressif s’efface rapidement une fois que nous sommes attablés. Ses odeurs de soupe sont en un instant oubliées dès que nous commençons à manger. C’est un lieu riche en différentes sensations.

Les élèves font la file devant les micro-ondes au réfectoire de la Rue de l’Écorcherie. © Célestine Mauroit
Quand la porte s’ouvre, les sens sont assaillis d’une chaleur émise par tous les corps présents dans la pièce. Une odeur humide colle à la peau. Les micro-ondes réchauffant des plats dégagent des parfums de toutes sortes. Les fragrances de soupe envahissent les narines. Des plats faits maison, des barquettes de lasagnes industrielles et tartines jambon beurre peuvent être devinés. Brusquement, les tympans sont transpercés par un couvert métallique qui tombe au sol, le raclement des chaises sur le carrelage accentue ce mauvais concert pour nos oreilles. Les lumières artificielles sont en dysharmonie avec la lumière du jour provenant des fenêtres.
En continuant ce cheminement visuel, on peut observer une personne bousculée par des élèves pressés de vaquer à leurs occupations. Celle-ci doit enjamber des sacs laissés sur le sol par leurs propriétaires. Elle trouve enfin une place où s’assoir. « Ouf », l’étudiant peut se reposer quelques instants, avant que ses sens ne soient saisis de tous les côtés. Un de ses camarades de table entame une conversation, une personne s’esclaffe, quelqu’un éternue. Chacun sort sa nourriture. Cet élève fait la même chose.
Une sensation de calme envahit la pièce. Toutes les nuisances olfactives, sonores, visuelles, tactiles, laissent place à une douce quiétude. La masse d’élèves attablés commence à manger leurs dîners. Elle savoure leurs goûts, apprécie les odeurs des repas divers. Les compagnons de table s’engagent dans des conversations variées. Ils ont trouvé leur place. Ils font désormais partie intégrante du réfectoire.